Les artistes résidents du V2Vingt

‘From inside’

Vernissage: Samedi 17 mars – 15h-19h

Alterrissage: Jeudi 22 mars – 18h-21h

Finissage: Vendredi 30 mars- 18h-21h… et sur rendez-vous.

 

Elina Salminen-  http://www.elinasalminen.com/

Sébastien Delvaux-  http://www.sebastiendelvaux.com/

Laurent Jourquin-  https://www.instagram.com/laurentjourquin/

Après une première exposition consacrée à l’artiste irlandaise Niamh McCann, les artistes résidents du V2Vingt scénographient leur présence avec une présentation territoriale et minimale, ancrée dans l’espace d’exposition qui devient ainsi l’unique source d’inspiration du trio qui l’occupe. 

Comme en écho au premier événement du V2Vingt, « From inside » aborde les questions de l’environnement architectural en se servant du lieu comme support de création. D’un côté, le langage symbolique et complexe de Niamh McCann laisse place à sa dépouille résiduelle, comme pour poser des questions à l’artiste irlandaise : si la réalité se construit sur de multiples imbrications fictionnelles et effectives, que reste-t-il quand on vide l’histoire de son contenu ? De quoi sont composés ces intervalles temporels d’où le sens a été effacé ?

Ensuite, la lumière se transforme en objet comme pour confirmer que vraiment rien n’est définitif, qu’il ne faut pas prendre la réalité pour acquise et que la surface d’une pierre n’est qu’une frontière visible séparant deux réalités distinctes et impalpables. Les leçons du minimalisme restent présentes. La modification de l’environnement par la lumière se pose indirectement également, même si on est loin des préoccupations d’un Dan Flavin ou d’un James Turrell. Toute modification a son importance et l’artiste impose de lui porter un peu plus d’attention que de coutume.

Enfin, avec la retenue qui caractérise l’ensemble de l’exposition, on sonde le passé du bâtiment industriel, construit à une époque répondant à d’autres impératifs commerciaux. C’est donc un temps révolu qui révèle une présence qui s’était atténuée, mais qui ne se manifeste que plus vigoureusement par cette intervention ciblée. Ici, deux périodes se côtoient : l’insondable passé et l’instable présent. Tout n’est que changement. Rien ne subsistera et la relativité de toute chose apparaît comme un fantôme surgit de la moitié du vingtième siècle.De l’intérieur vient donc l’inspiration naissant d’un dialogue ou plutôt d’un trialogue entre les artistes. De l’intérieur viennent les gestes qui s’accordent pour créer un équilibre environnemental subtilement questionnant, et de l’intérieur viennent les réflexions respectives des créateurs d’une sémantique en perpétuelle expérimentation.

Laurent Jourquin