Anne-Charlotte Finel / Ella Littwitz / Jean-Baptiste Bouvet / Roman Moriceau

 

« Je me demande pourquoi plus de fleurs n’ont pas d’épines. »

Finissage: samedi 12 Mai 2018        16h – 19h00

Une proposition curatoriale de Roman Moriceau

Avec le soutien de la galerie Archiraar

Anne-Charlotte Finel

Ella Littwitz

Jean-Baptiste Bouvet

Roman Moriceau

Lors de l’édition 2017 de Poppositions, mon attention avait été retenue par une fascinante pièce sonore de Roman Moriceau : des chants d’oiseaux…de simples chants d’oiseaux qui plongeaient la foire dans une atmosphère de détente, de bien être et de zenitude absolue, comme proposée par un guru de la psychologie positive vous vendant une reconnexion numérique avec la nature…

J’ai donc demandé à Alexis et Octave, fondateurs de la galerie Archiraar, ce que signifiait cette pièce. La réponse fut aussi violente que les chants étaient séduisants : « Ce sont des chants d’espèces d’oiseaux disparues de la planète ».

Quand j’ai fondé le V2Vingt, j’avais déjà cette oeuvre en tête et le désir de l’isoler dans cet espace personnel s’est rapidement fait sentir.

J’ai dès lors contacté Archiraar qui m’a présenté l’artiste, qui a accepté ma proposition.

L’exposition commence donc avec une carte blanche jouée par Roman en invitant trois autres créateurs à se joindre à lui : Anne-Charlotte Finel, Jean-Baptiste Bouvet et Ella Littwitz.

Et voilà comment je perçois les affinités qui naissent de la rencontre de ces quatre personnalités distinctes :

Anne-Charlotte Finel capte des moments troubles ou l’environnement semble incertain, voire surréel. L’interrogation s’arrête sur l’outil même de la perception dont dispose notre corps, en fonction du moment et de l’environnement perçu. Plus concrètement, les images et vidéos d’Anne-Charlotte sont prises au lever d’un jour, à la périphérie d’une ville. Elle sont diluées par le grain de la prise de vue à une heure ou la lumière ne permet pas à l’objectif (ni à l’oeil) d’être optimal.

Jean-Baptiste Bouvet Travaille sur l’environnement de l’espace d’exposition. Comme Finel, il se situe à la frontière de quelque-chose : à la frontière du monochrome qui n’en est pas tout à fait un, à la frontière d’une porte qui hésite entre l’imitation, l’artefact ou la peinture qui s’affirme pour elle-même. Comme Finel et Moriceau, il semble davantage attaché à la perception qu’à la symbolique. Il travaille l’information à son degré minimal.

Ella Littwitz est, quant à elle, bien plus attachée à la symbolique et son travail traite l’information comme le symptôme d’une réalité identitaire à comprendre. Artiste israélienne, Littwiz questionne la présence politique, économique, géographique et géologique d’une frontière autant que sa réalité psychologique. Les matériaux minutieusement choisis renvoient à des réalités historiques qui parlent des fondements d’un monde éternellement en construction.

Roman Moriceau développe un travail a priori séduisant que je qualifierais aussi de perceptuel. Mais la quasi totalité de ses oeuvres repose sur une contradiction entre la matière et l’image. La surface est souvent lisse, attrayante et parfois proche du glamour. Rien ne peut salir l’idée qu’on s’en fait tant qu’on se tient à l’abri de l’information : seule l’ignorance nous sauve. Toute personne demandant à connaître le processus de création s’expose à voir ses illusions s’effondrer. Et c’est peut-être tout le fond de la démarche…

L’ensemble est un équilibre entre la mélancolie et le mystère, ou entre le doute et la révolte. On est forcément à la frontière entre des choses qui refusent de se laisser définir. On est ‘entre’…et on va y rester.

Laurent Jourquin

Samedi 28 avril  15h – 19h / Vendredi  4 mai  18h – 21h / Samedi 12 mai 16h – 19h

Et sur rendez-vous.