Mirro, Mirror,…?

Younes Baba-Ali & Kristof Van Heeschvelde

Curatrice : Anouk Focquier – Berserk Art Agency

Vernissage: samedi 22.05.2021 / 16h-20h

Exposition: Du  samedi 22.05.2021 au 12.06.2021 sur rendez-vous

Finissage: samedi 12.06.2021 / 16h-20h

Mirror, Mirror,…? 

L’exposition en duo « Miroir, Miroir, … » permet à l’œuvre des contemporains Younes Baba-Ali et Kristof Van Heeschvelde d’entrer en dialogue à partir d’une sélection limitée d’œuvres récentes.

Baba-Ali et Van Heeschvelde sont deux artistes idiosyncratiques qui ont une attitude critique envers la société, les individus qui la peuplent et les institutions qui l’organisent. En tant qu’observateurs, cependant, ils ne se mettent pas en marge, mais se mettent délibérément en son centre, ils se considèrent comme faisant partie de la même société et donc des enjeux qu’ils soulèvent. Baba-Ali et Van Heeschvelde se rendent compte qu’ils se nourrissent de la société à laquelle ils tiennent un miroir. 

Leurs œuvres naissent de l’interaction et de l’observation des autres et étendent les principes appliqués à leur médium pour brouiller les frontières et de nouvelles formes hybrides émergent. Baba-Ali ne limite pas ses vidéos à l’écran sur lequel elles sont diffusées, mais les intègre dans une installation en trois dimensions qui complète le monde dans ses vidéos. 

Dans plusieurs de ses enregistrements, Baba-Ali sort délibérément de l’ombre de la caméra et se présente en évidence comme le personnage principal ou l’extra dans l’ensemble. On retrouve un mouvement similaire chez Van Heeschvelde. Dans diverses peintures, Van Heeschvelde se place dans le rôle du protagoniste. Le personnage principal qui se place dans un contexte social que l’artiste Van Heeschvelde tient contre le couteau de l’œil critique.

Les toiles de Van Heeschveld sont rarement étirées et pendent librement dans l’espace, non limitées par le cadre ou la démarcation. Il garantit que les lignes des compositions se prolongent au-delà de la toile et que les toiles forment en elles-mêmes leur propre composition. 

Van Heeschvelde et Baba-Ali sont des libres penseurs qui mettent notre société et ses désirs sans bornes les pieds sur terre, l’atterrissage ralenti par une dose d’humour et de maîtrise du métier artistique qui impose une forme de compassion pour nos manquements. 

Anouk Focquier

Kristof Van Heeschvelde? 

Le travail de Kristof se concentre sur les comportements de l’homo sapiens, comme Yuval Noah Harari le décrit dans son livre, et sur le monde qu’il s’est créé. À travers une technique de collage, Kristof met ensemble différents éléments qui à première vue n’ont rien à voir les uns avec les autres et qui ne peuvent ou ne veulent pas entrer en relation les uns avec les autres. En même temps, ces réalités composites sont comme une observation aiguisée de l’être humain et de son action. Kristof contrecarre cette vision critique en permettant à l’humour et à une palette de couleurs naïves de s’infiltrer dans son travail. 

Le tableau devient ainsi une œuvre d’installation dans laquelle le spectateur est invité à se promener et à découvrir les multiples couches de l’œuvre de Van Heeschvelde. Ces couches sont construites autour d’une composition dominante qui guide délibérément le regard du spectateur sur une multitude de détails, de couches de peinture, de langage et de références historiques de l’art aux maîtres anciens. Le tout n’est pas la somme des toiles, mais des toiles dans une composition avec l’espace.

Kristof Van Heeschvelde (° 1971), vit et travaille à Gand. 

Younes Baba-Ali? 

Younes Baba-Ali pratique un art non-conventionnel, intelligent et critique. Il travaille de préférence dans l’espace public ou dans des lieux peu communs. Fin observateur, il pose des questions pertinentes à la société, à l’institution, mais aussi surtout à son public. C’est un libre penseur, qui tend à la société un miroir et lui renvoie ses réflexes conditionnés et ses dysfonctionnements. L’œuvre de Baba-Ali se présente souvent sous la forme de ready-made, mais cette apparente simplicité dissimule un délicat exercice d’équilibre. À la manière d’un alchimiste, l’artiste dose et combine les techniques, les objets du quotidien, les sons, la vidéo et la photographie et adresse des questions politiques, sociales et écologiques. Les installations qu’il en distille poussent le spectateur à prendre position malgré lui. Baba-Ali ne recule pas devant la controverse et est même souvent contraint à de subtiles négociations avec son environnement pour revendiquer sa pratique artistique et son droit à l’existence. Son art est toujours spécifique à un contexte et ne prend vraiment sa forme que dans le dialogue du public. C’est de l’art d’intervention dérangeant et qui adopte parfois un ton ironique pour confronter le public à lui- même et à son environnement. Baba-Ali soumet au spectateur des dilemmes et des tabous et le défie d’agir et de réagir. Il en fait ainsi son complice dans une guérilla artistique clandestine qui réunit l’establishment et l’homme commun. 

Anouk Focquier? 

Anouk Focquier dirige Berserk Art Agency depuis 2014, une agence pour les arts et les artistes avec un fort accent sur le développement artistique d’une œuvre. Berserk Art Agency s’intéresse au défi de l’inconnu et à l’exploration et au repoussement des médias et des frontières. Avec Berserk Art Agency, Anouk Focquier a produit plus de 100 d’expositions publics national et international, elle donne régulièrement des conférences, agit en tant que consultante en art et met en place des collaborations entre artistes, professionnels de l’art, passionnés et collectionneurs