Laurent Jourquin

Laurent Jourquin : Changements

Vernissage: samedi 21.09.2019 / 16h-20h

Exposition: 21.09.2019 – 12.10.2019 / samedi 16h-20h ou sur rendez-vous

Finissage: dimanche 12.09.2019 / 16h-20h

Visu changements FB

Changements

La réalité culturelle commence toujours par un fantasme, un désir, une illusion, une certitude construite sur une histoire incertaine. L’esprit se met au travail sans qu’on ne lui ait rien demandé et soudain, la volonté commence à construire des choses que personne n’avait désirées. Ces choses se mettent à définir un système dans lequel personne ne voulait vivre mais que personne ne remettra en question. La volonté des uns construit la réalité des autres.

Mon désir est né de l’isolement et de la frustration. Enfermé dans mon atelier depuis trop longtemps je suis arrivé à la quarantaine en prenant conscience que je resterais enfermé. La première étape du travail de l’artiste se fait dans l’atelier. La deuxième se fait à l’extérieur. Je me suis toujours arrêté à la première. Alors quand l’occasion s’est présentée, j’ai fantasmé le V2Vingt, puis je l’ai créé.

Ce projet est le fruit de l’isolement et de la frustration. Parfois, l’environnement culturel né de l’insatisfaction….probablement souvent.

Ensuite, la réalité se transforme à coups de hasards et d’opportunités : l’opportunité de reprendre la sous-location du 4ème étage : je ne pouvais pas laisser passer. L’opportunité de reprendre un deuxième espace au cinquième étage : je ne peux pas laisser passer. Ensuite, la réalité se transforme d’elle-même et vous oblige à changer. Les changements exigent le maintien d’un équilibre, un peu comme si il fallait trouver la recette en accord avec ce que la vie a fait de nous. Parfois, l’équilibre dépend des autres. Parfois ils ont la réponse. Parfois pas…

Je ne sais même plus comment j’ai eu l’idée du vélo, mais c’était sûrement l’effet de la frustration. Une de plus. Je les invente en créant des situations qui ne me conviennent pas dans un système qui ne me convient pas. Et comme pour y échapper, le cerveau se met à produire des solutions, des idées, des observations, des réflexions. Parfois il y’en a de bonnes(Note pour plus tard: continuer à créer des situations frustrantes afin d’entretenir une activité cérébrale).

Le vélo m’a semblé être une bonne idée. Dans le brouillard du fantasme il avait l’allure d’un îlot de bienveillance et de partage se déplaçant sur le sentier de la honte, où s’affrontent des guerriers égocentrés.

Et l’esprit se remet au boulot sans lui avoir rien demandé. Je vais faire des vidéos avec les artistes : c’est évident maintenant. Sans avoir commencé j’adore déjà cette idée qui s’inscrit parfaitement dans le projet. Ce sera mon nouveau travail. J’ai toujours pensé ce que je faisais en termes de processus cognitif, et l’artiste est un support qui se prête tellement mieux que la peinture à cette recherche. Dans les poubelles du passé, je jette l’isolement de l’atelier. Je n’y suis pas attaché. L’attachement est un leurre produit par un identité illusoire.

L’esprit construit déjà de nouveaux fantasmes sur un projet en voie de réalisation. Le fantasme à une longueur d’avance. La volonté essaie de suivre.

Je vois rouler ce vélo. Je vois des gens non initiés à l’art découvrir la production d’inconnus et comprendre que dans un autre monde, des humains créent des choses, s’arrêtent sur des détails, remettent en question et prennent le temps de résister. Je veux créer cette petite réalité-là, je me vois faire ça avec les artistes.

Mais je ne sais ne plus très bien ce que je vais faire du local d’expo actuel.

Le brouillard persiste au V2Vingt, alors voici venu le moment d’en parler….

Laurent Jourquin

FWB_QUADRI_HORI                         Logo-Bruxelles-Cap.